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ISO 14644-1 et -2

« Les nouvelles règles de conclusion de la conformité permettront d’obtenir immédiatement les résultats »

Bastien Cany | 31 décembre 2015 |

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John Hargreaves, consultant (JHAC), membre de la commission Afnor X44B pour l’Aspec

Salles Propres : Quels sont les changements introduits par la nouvelle partie 1 qui impacteront le plus les pratiques sur le terrain ?


John Hargreaves : Les modifications les plus concrètes concernent le plan d’échantillonnage qui va conduire, dans la plupart des cas, à une augmentation du nombre de points de prélèvements en vue de la classification, qu’elle soit initiale ou renouvelée. La nouvelle version conserve le principe d’un maillage géographique global qui aboutit à une meilleure connaissance des salles et renforce la confiance dans la conformité que procure la méthode. Pour cela, elle introduit la nécessité de réfléchir à la représentativité de l’emplacement du point à l’intérieur de chaque secteur. Cela suppose d’acquérir une bonne connaissance de sa salle, par exemple en termes de configuration des équipements et de perturbation éventuelle des écoulements d’air, zones de trafic en activité… mais aussi de se poser de nouvelles questions. Les points retenus sont représentatifs de quoi, dans quel état ? Est-ce que prélever un échantillon unitaire par point suffit ? Ou ai-je besoin de faire des prélèvements successifs pour vérifier un éventuel problème de stabilité ? Cela changera également la manière de réagir aux non-conformités ponctuelles que l’on peut rencontrer et d’améliorer sa connaissance de la sensibilité aux réglages et à l’emploi de la salle.

 

S. P. : Les nouvelles dispositions de la norme présentent-elles des avantages du point de vue du gestionnaire de salles propres ?


J. H. : Les nouvelles règles de conclusion sur la conformité permettront d’obtenir immédiatement les résultats sans attendre la validation des données par un calcul statistique ultérieur. La règle, désormais constante, est incorporée dans la méthode de prélèvement, et donne une assurance de conformité nettement supérieure à celle obtenue par l’ancien mode opératoire. Une non-conformité sera immédiatement détectée à chaque prélèvement, et devra être levée pour procéder vers la conformité. À charge pour le prestataire ou le technicien qui effectue le prélèvement d’alerter le donneur d’ordres et de solliciter un accord sur la marche à suivre : répéter le prélèvement si cela se justifie, ou faire effectuer dès que possible d’éventuels réglages ou modifications techniques. L’avantage principal est de pouvoir désormais réagir en temps réel. Mais cela suppose également une implication plus forte du donneur d’ordres sur le terrain lors des mesurages. On peut aussi imaginer que cela incitera les utilisateurs – du moins ceux qui ne le faisaient pas encore – à effectuer des vérifications en interne avant de faire appel à un prestataire de qualification. Un autre avantage est que la conformité à la classe consiste bel et bien à obtenir un résultat à chaque point inférieur à la concentration limite maximale sans imposer une notion d’homogénéité d’un point à l’autre. C’est l’une des évolutions importante de ce texte qui règle notamment la question des points « trop propres » avec des écarts-types trop importants, ainsi que des considérations de zonage des flux process.

 

S. P. : Quels sont les points qui pourraient éventuellement soulever des problèmes lors de la mise en œuvre des nouveaux essais de classification ?


J. H. : Je ne crois pas qu’il faille s’attendre à de mauvaises surprises. Il est vrai que sur un plan strictement pratique, il faudra sans doute s’adapter dans les premières semaines avec des compteurs de particules configurés pour le traitement statistique (LSC) de la précédente version mais aussi pour le nombre de points, le temps du moins pour les fabricants de reprogrammer leur logiciel. Mais cela ne pose pas de problème particulier si le donneur d’ordres valide bien chaque souche de résultats avec le technicien. Enfin, nous ne prévoyons pas de situation où une salle conforme avec la version de 1999 ne le serait plus avec la nouvelle version correctement mise en œuvre. Nous avons examiné de nombreux exemples d’application sans rencontrer ce cas de figure.



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